Des mots à des maux. La perte d'un enfant est un mal irréversible, le chagrin demeure.
Bleus ou noirs, tous aimés, tous beaux,
Des yeux sans nombre ont vu l'aurore.
Ils dorment au fond des tombeaux,
Et le soleil se lève encore.
Les nuits plus douces que les jours,
Ont enchanté des yeux sans nombre.
Les étoiles brillent toujours,
Et les yeux sont remplis d'ombre.
Oh! Qu'ils aient perdu le regard,
Non, non cela ne peut être possible.
Ils se sont tournés quelque part,
Vers ce que l'on nomme l'invisible.
Et comme les astres penchants,
Nous quittent , mais au ciel ils demeurent.
Les prunelles ont leurs couchants,
Mais elles ne meurent point.
Bleux ou noirs , tous aimés, tous beaux,
Ouverts à quelque immense aurore,
De l'autre côté des tombeaux,
Les yeux qui se ferment voient encore.
Sully Prudhomme.
*si l'image est soumise à des droit d'auteur,
merci de me le signaler.à la demande de celui-ci, je m'engage à la retirer